Février 2024 – Avant toute chose, je ne suis pas vraiment un spécialiste ni un scientifique ; alors mon propos qui porte sur les grandes marées dont j’ai la chance de profiter au plus près à St Malo créeront peut-être des réactions chez certains ; je m’en excuse par avance.
Que serait St Malo sans ses grandes marées ? Sans images vues et revues de ces vagues puissantes déferlant sur le Sillon, se fracassant sur les brises lames, emportant tout sur leur passage ? D’innombrables images circulent et puis depuis peu des vidéos filmées par des drones survolant au plus près les éléments déchaînés ; j’avoue être fasciné par l’idée de ce fétu de paille bousculé, chahuté, mais imperturbablement allant au bout de sa mission.
La nature est belle
Et cela nous donne des mélanges de couleurs, du vert, du bleu, du blanc, de l’écume, des algues arrachées, du sable qui vole, des hauteurs à n’en plus finir, les maisons balnéaires presque immergées, …Bien sûr la puissance des vagues ne serait rien sans le vent du Nord ; c’est lui le maître qui dirige, qui amplifie, j’allais dire qui magnifie.
Sans le vent, l’eau de la Manche ne serait qu’un aller et retour, un va et vient par rapport à la côte, remplissant et vidant, offrant un horizon sans limites, jusqu’aux berges du Sillon ou fort éloigné offrant un champ d’opportunités (coquillages des fois, galets polis par l’érosion, algues ballotées par les eaux tumultueuses de l’Océan et enfin reposées, et puis plus rarement quelques débris que la nature humaine n’a pas pu s’empêcher de s’en débarrasser prenant la mer parfois comme une poubelle).
A marée basse, les enfants comme les parents se précipitent ; qui partant avec son seau, d’autres avec leurs pelles et leurs râteaux, certains se jetant dans les baquets des chars à voile des cours de l’école de voile du Sillon, …Un espace de liberté nouveau et 2 fois par jour renouvelé ; la durée est de l’ordre de 12h25…
De quoi parle-t-on ?
Pour les Grandes Marées, on parle de coefficient ; la moyenne étant plutôt à 70, l’amplitude de 20 à 120 et on considère donc qu’au-delà de 100 ce sont des grandes marées. Mais rappelez-vous, sans vent pas d’effet spectaculaire !
Les marées, c’est une histoire d’alignement entre Terre, Soleil et Lune et de force de ces derniers sur notre planète ; les Grandes Marées c’est plutôt lors de la pleine Lune ou de la nouvelle Lune, aux équinoxes de printemps et d’automne.
Et la Cité Corsaire dans tout cela ?
St Malo a la chance de voir l’un des plus grands marnages d’Europe voire du Monde (13 à 15m) ; c’est aussi le cas pour la baie du Mt St Michel (ne dit-on pas que « la marée arrive à la vitesse d’un cheval au galop » ?). Lors des flux et reflux la presqu’île du Cotentin servant de contrefort. Mais c’est aussi pour cela qu’il n’y a pas de marée en Méditerranée ; le détroit de Gibraltar trop étroit ne le permettant pas. C’est ce qui a permis, dans l’estuaire de la Rance, l’installation de l’usine marémotrice que je vous recommande de visiter (inauguration en 1966 par le G de Gaulle).
Le mot de la fin de Frédéric
Bref, et j’en terminerai là pour ce premier blog de l’année, ce qui me fascine dans ces Grandes Marées, c’est cette permanence, ce mouvement perpétuel, cet effet induit d’une sorte de nouveau départ, d’éternel recommencement, d’oubli du passé et de ses scories ; un nouveau départ que nous offre la nature indomptable !



